Q. Ostéopathies fragilisantes

Question :
Chez une patiente de 85 ans avec un tassement vertébral L3 typiquement ostéoporotique après chute de sa hauteur, la densitométrie est-elle indispensable avant de traiter ?
Réponse :
Non. La fracture vertébrale de fragilité suffit à classer la patiente à haut risque : on peut débuter le traitement sans attendre la DXA. La densitométrie reste utile ensuite (point de départ, stratification du risque, suivi, choix thérapeutique), mais ne doit pas retarder la prise en charge.
Question :
Comment définis-tu une fracture de fragilité évocatrice d’ostéoporose ?
Réponse :
Fracture survenant après un traumatisme de faible énergie (souvent chute de sa hauteur) chez un sujet >50 ans, touchant des sites typiques (vertèbres, hanche, humérus proximal, bassin, poignet).
Question :
Quels sites de fracture sont classiquement exclus des fractures “ostéoporotiques” typiques dans l’évaluation clinique ?
Réponse :
Crâne, face, rachis cervical, certaines vertèbres thoraciques hautes (T1–T10), doigts et orteils (souvent traumatiques et moins spécifiques d’ostéoporose).
Question :
Quelle est la différence entre T-score et Z-score en densitométrie ?
Réponse :
T-score : écart à la moyenne d’un adulte jeune du même sexe (diagnostic OMS de l’ostéoporose si ≤ -2,5). Z-score : écart à la moyenne de sujets du même âge et sexe (utile surtout chez sujets jeunes/avant le pic de masse osseuse ou pour chercher une cause secondaire si très bas).
Question :
Quels éléments cliniques font suspecter une fracture vertébrale passée inaperçue ?
Réponse :
Perte de taille (notamment ≥ 4 cm), cyphose dorsale qui s’accentue, antécédents de douleurs rachidiennes aiguës anciennes, diminution de l’autonomie, apparition d’un “dos voûté”.
Question :
Comment se présente typiquement la douleur d’un tassement vertébral ostéoporotique récent ?
Réponse :
Rachialgie aiguë mécanique, brutale ou rapidement progressive, majorée à la station debout/à la mobilisation, calmée au repos, sans déficit neurologique dans la majorité des cas, avec amélioration en quelques semaines (souvent 4–6 semaines).
Question :
Quelles sont les grandes étapes du bilan initial devant une fracture vertébrale de fragilité ?
Réponse :
Suspecter l’origine ostéoporotique (douleur mecanique/imagerie), rechercher une cause secondaire/diagnostic différentiel (biologie de base), évaluer le risque de chute, corriger vitamine D/calcium si besoin, initier traitement anti-ostéoporotique si fracture typique.
Question :
Quels examens biologiques “de base” demandes-tu avant un traitement anti-ostéoporotique (hors contexte particulier) ?
Réponse :
NFS, CRP, Calcémie, phosphatémie, créatinine/DFG, phosphatases alcalines, 25-OH vitamine D ; électrophorèse des protéines Sg et U
Question :
Quels éléments biologiques orientent vers une ostéomalacie carentielle plutôt qu’une ostéoporose simple ?
Réponse :
Plutôt ostéomalacie : vitamine D très basse, hypocalcémie et/ou hypophosphatémie, phosphatases alcalines élevées, hyperparathyroïdie secondaire, hypocalciurie. L’ostéoporose simple a le plus souvent calcémie et phosphatémie normales.
Question :
Quels signes radiologiques sont évocateurs d’ostéomalacie ? Quel examen si Rx non contributives
Réponse :
Stries de Looser-Milkman (pseudo-fractures) : bandes claires transversales interrompant la corticale, souvent bilatérales et symétriques, sièges fréquents au bassin et au col fémoral. Scintigraphie osseuse
Question :
Quels sont les objectifs des mesures non médicamenteuses dans l’ostéoporose ?
Réponse :
Réduire les fractures via prévention des chutes, activité physique en charge/renforcement, correction des carences (vitamine D/calcium), amélioration de l’équilibre, arrêt tabac, limitation alcool.
Question :
Quelles règles de prise rappelles-tu pour un bisphosphonate oral (alendronate/risédronate) ?
Réponse :
Prise le matin à jeun avec un grand verre d’eau, rester assis/debout 30 minutes, ne pas manger/boire autre chose ni prendre d’autres médicaments pendant ce délai (notamment calcium/fer), afin de réduire le risque d’œsophagite et d’améliorer l’absorption.
Question :
Quel est le point de vigilance majeur avec le dénosumab lors de l’arrêt ?
Réponse :
Risque de rebond de résorption osseuse avec fractures vertébrales multiples : il faut anticiper un relais par un bisphosphonate à l’arrêt et éviter les retards d’injection.
Question :
Dans quels cas discutes-tu une stratégie anabolique (ex : tériparatide) plutôt qu’un anti-résorbeur d’emblée ?
Réponse :
fractures vertébrales multiples et benefice dans un second temps d’un antiresorbeur ; si d’emblée risque fracture corticale ( femur) privilégier anti resorbeur ( biphosphonates, voire denosumab)
Question :
Quelles situations imposent de douter d’un tassement “ostéoporotique” et de rechercher une cause maligne ?
Réponse :
ATCD cancer, altération de l’état général, douleur inflammatoire nocturne, anomalies biologiques (anémie, hypercalcémie), aspect radiologique atypique (ostéolyse, atteinte pédicules/arc postérieur), lésions multiples suspectes.
Question :
Comment utilises-tu le FRAX dans la pratique ?
Réponse :
Pour estimer le risque à 10 ans (fractures majeures/hanche) quand la décision thérapeutique n’est pas évidente (T-score intermédiaire, pas de fracture sévère). Il est moins utile si indication claire (fracture vertébrale/hanche typique).
Question :
Quelles situations imposent une prise en charge spécifique dans l’ostéoporose induite par corticothérapie ?
Réponse :
Si corticothérapie prolongée (souvent ≥3 mois) avec dose significative, antécédent de fracture de fragilité, âge élevé ou DMO basse : supplémentation vitamine D/calcium systématique et traitement anti-ostéoporotique souvent indiqué (selon seuils et contexte clinique).
Question :
Si tu vois une hyerparathyroidie modérée sur la biologie que regardes tu egalement sur le plan biologique en particulier, s’il n’y a pas d’antécédents d’hypercalcémie à type épisode de chondrocalcinose ou de calcul urinaire
Réponse :
Question :
Avant de prescrire un biphosphonates deux elements clés à vérifier ( un biologique et un clinique)
Réponse :
Pas d’insuffisance renale; pas de soins dentaire consequent à realiser ou evolutif ( extraction prochaine, implants à realiser, abcès dentaire…)
Question :
Quelle est la priorité “clinique” chez le sujet très âgé ostéoporotique, au-delà du médicament ?
Réponse :
La prévention des chutes : correction des facteurs de risque (vision, hypotension orthostatique, iatrogénie, sarcopénie), rééducation équilibre/renforcement, adaptation du domicile, aides techniques si besoin, car le risque de fracture dépend beaucoup des chutes.
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